L’association “Histoire et Patrimoine de Guidel” qui a fêté ses 20 ans en 2009. En effet, elle naît en 1989, dans le prolongement des recherches effectuées lors du bicentenaire de la Révolution. Son but est simple mais passionnant : « Étudier, valoriser et faire partager l’histoire et le patrimoine archéologique, culturel de Guidel et de sa région ».
Oui, surtout faire partager ses recherches à tous et par toutes les formes possibles : livres, expositions, etc.. Mais tout ceci n’a pu être réalisé que grâce à la population guideloise qui, au fil des années, a aimablement prêté ses photos et bien voulu témoigner lorsqu’il le fallait. Nous l’en remercions.  

Au dernier recensement daté de 2009, Guidel avec ses 9973 habitants devient la 7ème commune du Morbihan. Entre 1982 et 2009 sa population augmente de 64 %. Longue de 12 km et large de 6 km, elle a beaucoup évolué au fil des siècles. Même si son passé est désormais peu visible, son histoire n'en a pas moins été riche. C'est ce que l’association “Histoire et Patrimoine de Guidel” tentera de faire revivre tout au long de ces rubriques. Et malgré le sérieux des informations, l'humour aura sa petite place. Prêt à cliquer sur le “mulot” ? Alors suivez-nous dans cette “cyber-histoire” de Guidel….

L’Origine de son nom  

Il était une fois …… Guidel. Cela commence comme un conte de fée, mais tout comme ses héros, personne ne peut préciser à quelle période débute son histoire.
L’origine de son nom est encore plus floue….Un exemple : la version la plus répandue serait le rapprochement avec les Gaëls, anciens habitants du Pays de Galles, ou encore Guedel ex-nom de Belle-Île. L’éminent linguiste pontyvien Joseph Loth, verrait plutôt l’origine de son nom grâce à un Saint breton honoré au Moyen-Age : Goal ou Gudual. Autre version : le vieux breton Wital / Witol (nom d’homme, peut-être le fondateur de la paroisse) dérivé du latin Vitalis. Ce serait la plus plausible, comme le décrit si bien Serge Le Bozec dans notre dernier livre “Guidel au cœur de ses villages”.
Au fil du temps, l’orthographe varie : au 12ème siècle, le cartulaire de l’abbaye Ste Croix de Quimperlé mentionne la paroisse de Guidul. Au 15ème siècle certains documents portent indifféremment Guydel ou Guidel. N’oublions pas la version bretonnante actuelle : Gwidel.
Bref, tout ceci est fort plausible, mais cependant le petit curieux qui pointerait le bout de son nez sur une carte africaine serait surpris de découvrir Guidel au Sénégal (plus précisément en Casamance), ou Guidel au Niger ! Toujours au Niger existe Guidal, et au nord de cette même Afrique, Guidjel en Algérie !
Même si le Celte est un éternel voyageur, il n’est pas question de faire un rapprochement du genre : « un Breton est passé par là et a laissé un souvenir », mais cela méritait d’être signalé….

LES PREMIERS HABITANTS  

Autant dire qu’on ne devrait pas trouver beaucoup de squelettes de mammouths à Guidel. Par contre, les hommes de la préhistoire y ont laissé les traces de leur passage : fragments de poterie, silex, haches, et bien sûr les traditionnels menhirs et dolmens. Ces deux derniers (ou du moins ce qui en reste), ont été répertoriés au 19ème siècle par l’Abbé Euzenot. Malheureusement, plus grand-chose ne subsiste actuellement : côté dolmen, sur les 7 ou 8 inventoriés il n’en resterait plus qu’un, celui de Lan-Er-Dy près de Lesvariel. Avec sa forme de champignon, il a joliment été mis en musique par le chanteur guidelois Gilles Thoraval. Et les autres ? On susurre que celui répertorié au village de Cautus aurait fait un petit tour près de la mairie dans les années 1960. Encore mieux !
Le dolmen de Kerrouarch a tout simplement déménagé lors du remembrement de Guidel en 1956-1957. Et par qui ? Par un médecin de Lann-Bihoué qui décide de le transporter sur la base militaire, précisément au Poullo-nord à la 24 F (actuelle 4 F) ! Autant dire qu’une chose pareille aurait du mal à se reproduire à notre époque, et c’est tant mieux ! Quant aux menhirs, ils ont eu une fâcheuse tendance à se déplacer au cours du 20ème siècle. Par exemple celui de Park-Menhir qui prend une retraite méritée mais peut-être pas très logique à Kerruisseau en Pont-Scorff et sert de monument commémoratif. Le menhir de Kerdudal rend le même service aux Cinq-Chemins, pour se souvenir du combat du 21 juin 1940, annonçant l’arrivée des Allemands à Lorient. D’autres longues pierres  ont été répertoriées au Stanco, à la Sauldraye, voire à Saint-Fiacre. 
Bref, depuis l’inventaire de l’Abbé Euzenot en 1878, beaucoup de menhirs ont disparu. Peut-être servent-ils de “nain de jardin” dans quelques propriétés privées ? Si cela était le cas, ce serait bien dommage….
A chaque période l’homme laisse ses empreintes. Au tumulus “Er-Voudenn” du Cruguel, des chercheurs trouvent du charbon de bois datant de 1700 à 1300 avant notre ère. Des objets découverts par l’Abbé Euzenot à Kergal et Kerhar sont répertoriés comme spécifiques à la période 900 à 700. Plus près de nous (!), c’est-à-dire entre 300 et 100 toujours avant notre ère, un habitat de l’Age de Fer est découvert à Locmaria.               



Dolmen près de la Mairie vient de Cautus